Il ne voulut laisser à personne le soin de disposer bien commodément dans la charrette un bon matelas.

—Allons!... voilà qu'il est temps de partir!... soupira-t-il quand il eut terminé.

Et lentement, il gravit l'étroit escalier du petit grenier.

M. d'Escorval n'avait pas prévu ce moment.

À la vue de l'honnête fermier qui s'avançait, rouge d'émotion, pour lui faire ses adieux, il oublia tout le bien-être qu'il se promettait à la Borderie, pour ne se souvenir que de la loyale et courageuse hospitalité de cette maison qu'il allait quitter. Son cœur se serra, et une larme roula dans ses yeux.

—Vous m'avez rendu un de ces services dont on ne s'acquitte pas, père Poignot, prononça-t-il, avec une gravité solennelle, vous m'avez sauvé la vie...

—Oh! ne parlons pas de ça, monsieur le baron. À ma place, vous eussiez fait comme moi, n'est-ce pas, ni plus ni moins...

—Soit!... je ne vous dirai même pas merci. J'espère maintenant vivre assez pour vous prouver que je ne suis pas un ingrat.

L'escalier était si raide et si étroit qu'on eut toutes les peines du monde à descendre le baron. On l'étendit sur le matelas, et en cas de fâcheuse rencontre, on étendit sur lui quelques brassées de paille qui le cachaient entièrement....

—Adieu donc!... dit le vieux fermier, ou plutôt au revoir, monsieur le baron, madame la baronne, et vous aussi monsieur le curé...