—C'est singulier, leur dit-il, que Marie-Anne ne m'entende pas... Nous ne pouvons descendre M. le baron sans l'avoir vue, et elle le sait bien... Si je courais l'avertir?
—Elle se sera endormie, répondit l'abbé, veillez sur votre cheval, mon garçon, je vais aller la réveiller...
Il quitta le bras de Mme d'Escorval sur ces mots, et gagna le sentier.
Certes, il n'avait pas l'ombre d'une inquiétude. Tout était calme et silence autour de la Borderie; une lumière brillait aux fenêtres du premier étage.
Cependant, lorsqu'il vit la porte ouverte, un pressentiment vague tressaillit en lui.
—Qu'est-ce que cela veut dire? pensa-t-il.
Au rez-de-chaussée il n'y avait pas de lumière, et l'abbé qui ne connaissait pas les êtres de la maison, fut obligé de chercher l'escalier à tâtons.
Enfin, il le trouva et monta...
Mais sur le seuil de la chambre, il s'arrêta, pétrifié par l'horreur du spectacle qui s'offrit à lui...
La pauvre Marie-Anne gisait à terre, étendue sur le dos... Ses yeux, grands ouverts, étaient comme noyés dans un liquide blanchâtre; sa langue noire et tuméfiée, sortait à demi de sa bouche.