Cependant M. d'Escorval reprenait peu à peu son sang-froid.
—Maintenant, mon cher ami, demanda-t-il, quelle conduite vous proposez-vous de tenir avec les messieurs de Sairmeuse?
—Ils n'entendront plus parler de moi... d'ici quelque temps du moins.
—Quoi!... vous ne réclamerez pas les dix mille francs qu'ils vous doivent?...
—Je ne demanderai rien...
—Il le faut pourtant, malheureux. Puisque vous avez parlé du legs de dix mille francs de votre marraine, votre honneur exige que vous en poursuiviez par tous les moyens légaux la restitution... Il y a encore des juges en France...
M. Lacheneur hocha la tête.
—Les juges, fît-il, ne m'accorderaient pas la justice que je veux; je ne m'adresserai pas à eux...
—Cependant...
—Non, monsieur, non, je ne veux plus avoir rien de commun avec ces nobles de malheur. Je n'enverrai même pas chercher à leur château mes hardes et celles de ma fille. S'ils me les renvoient... bien. S'il leur plait de les garder, tant mieux! Plus leur conduite à mon égard sera honteuse, infâme, odieuse, plus je serai satisfait...