N'osant prendre un parti, il essaya de se mentir à lui-même.
—Bast! pensa-t-il en rendant la main à son cheval, qu'est-ce que je risque à avancer?... Le fiacre est sans doute bien loin, et je ne le rejoindrai pas.
Il le rejoignit cependant, au carrefour de la Croix-Rouge, où il y avait comme toujours un encombrement...
C'était bien le même, Martial le reconnaissait à sa caisse verte et à ses roues blanches.
L'encombrement cessant, le fiacre repartit.
Debout sur son siège, le cocher rouait ses chevaux de coups, et c'est au galop qu'il longea l'étroite rue du Vieux-Colombier, qu'il côtoya la place Saint-Sulpice et qu'il gagna les boulevards extérieurs, par la rue Bonaparte et la rue de l'Ouest.
Toujours trottant, à cent pas en arrière, Martial réfléchissait.
—Comme elle est pressée! pensait-il. Ce n'est cependant guère le quartier des rendez-vous.
Le fiacre venait de dépasser la place d'Italie. Il enfila la rue du Château-des-Rentiers, et bientôt s'arrêta devant un espace libre...
La portière s'ouvrit aussitôt, la duchesse de Sairmeuse sauta lestement à terre, et sans regarder de droite ni de gauche, elle s'engagea dans les terrains vagues...