—Monsieur est dans son cabinet avec un jeune homme, lui répondit le domestique, mais comme il ne m'a rien dit vous pouvez entrer...
Lecoq entra, le cabinet était vide.
Mais dans la pièce voisine, dont on n'était séparé que par une portière de velours, on entendait des exclamations étouffées et des sanglots entremêlés de baisers...
Assez embarrassé de son personnage, le jeune policier ne savait s'il devait rester ou se retirer, quand il aperçut sur le tapis une lettre ouverte...
Évidemment, cette lettre, toute froissée, contenait l'explication de la scène d'à côté. Mû par un sentiment instinctif plus fort que sa volonté, Lecoq la ramassa. Il y était écrit:
«Celui qui te remettra cette lettre est le fils de Marie-Anne, Maurice, ton fils... J'ai réuni et je lui ai donné toutes les pièces qui justifient sa naissance...
«C'est à son éducation que j'ai consacré l'héritage de ma pauvre Marie-Anne. Ceux à qui je l'avais confié ont su en faire un homme.
«Si je te le rends, c'est que je crains pour lui les souillures de ma vie. Hier s'est empoisonnée la misérable qui avait empoisonné ma sœur... Pauvre Marie-Anne!... elle eût été plus terriblement vengée si un accident qui m'est arrivé n'eût sauvé le duc et la duchesse de Sairmeuse du piège où je les avais attirés...
Jean Lacheneur.»
Lecoq eut comme un éblouissement.