—Je pensais, fit-il, que toutes relations entre M. Lacheneur et M. de Sairmeuse avaient été rompues hier soir chez M. l'abbé Midon...

Ceci fut dit du ton le plus provoquant, mais Martial ne sourcilla pas. Il venait de se jurer qu'il resterait calme quand même, et il était de force à se tenir parole.

—Si ces relations, ce qu'à Dieu ne plaise! prononça-t-il, sont jamais rompues, croyez, monsieur d'Escorval, qu'il n'y aura pas de notre faute...

—Ce n'est pas ce qu'on prétend.

—Qui, on...?

—Tout le pays.

—Ah!... Et que dit-il?...

—La vérité... Il est de ces offenses qu'un homme d'honneur ne saurait oublier ni pardonner.

Le jeune marquis de Sairmeuse branla la tête d'un air grave.

—Vous êtes prompt à vous prononcer, monsieur, dit-il froidement. Permettez-moi d'espérer que M. Lacheneur sera moins sévère que vous, et que son ressentiment,—juste, j'en conviens—tombera devant...—il hésitait—devant des explications loyales.