—Ne restez pas ainsi. Allez tout de suite vous changer. Massez-vous les uns les autres pour que la circulation du sang ne se ralentisse pas. Surtout, évitez les courants d'air!
Excellents avis sans doute, mais en été on a autre chose à faire que de se changer et de se masser réciproquement à chaque fois qu'on est en sueur. Et puis ces opérations seraient à recommencer trop souvent!
Quand les gamins couraient dehors tête nue, nouvelle occasion d'intervenir.
—Mais faites donc attention! Ces enfants vont prendre mal! Ne les laissez pas au soleil sans coiffure…
Ils n'eussent pas voulu les voir sortir au crépuscule, ni par les temps humides, en raison de la faiblesse de leurs poumons—et tout à l'avenant. Ce sont là prescriptions bonnes pour les enfants des riches—qui s'en portent souvent plus mal—mais auxquelles les petits des travailleurs n'ont point coutume d'être soumis.
Quand quelqu'un, petit ou grand, souffrait de la moindre indisposition il aurait fallu sans plus attendre lui faire avaler quelque drogue—ou même aller quérir le médecin.
—Ils se figurent pourtant que leurs remèdes empêchent de mourir! disait mon père. C'est des bêtises, plus on s'en fourre dans le corps, plus mal on se porte. Quant aux médecins, s'il fallait recourir à eux aussitôt qu'on sent du mal ça coûterait cher. Et pour ce qu'ils y connaissent! On voit bien que le bourgeois était pharmacien: ça s'accorde ensemble, les marchands de purges et les médecins, pour rouler le pauvre monde…
Et ma mère, quand elle venait de subir un cours d'hygiène:
—En voilà des embarras! Si on voulait les croire, il faudrait se fourrer dans une boîte à coton!