—Je compte sur Catherine dimanche pour aider à la bonne; j'aurai du monde.
Cela n'admettait pas de réplique.
Et méfiante à l'excès. Les volailles, les fruits étant à moitié au même titre que le reste, elle comptait fréquemment les poussins et venait chez nous à l'heure des repas pour inspecter la table d'un regard soupçonneux. Les jours de marché, elle se trouvait là comme par hasard au départ de ma mère, craignant sans doute que les paniers ne contiennent des denrées soustraites à la communauté. L'enragée fureteuse voulait connaître le «pourquoi» et le «comment» des moindres choses.
Un soir, la Claudine, à propos de prunes soustraites au gros prunier du bas de la cour, lui fit une réponse un peu vive:
—Ma foi, Madame, j'ai autre chose à faire que de rester là pour les garder.
Un autre jour, nouvelle algarade à propos de deux poulets disparus, probablement enlevés par la buse.
—Je trouve que cela arrive souvent: vous devriez les veiller mieux.
—Nous louerons une servante pour ça! répondit ma belle-sœur ironiquement.
M. Boutry et sa femme avaient encore cette manie de nous donner à tout propos des conseils d'hygiène. S'ils nous voyaient en sueur à la suite d'un travail pénible: