—Misère! ça sent la bouse de vache!
Et un troisième:
—Ce n'est pas étonnant; ils se lavent les jambes une fois par an; ils gardent une couche de bouse l'hiver pour se tenir chaud!
La partie de billard interrompue, ils étaient dix à présent à nous entourer, à nous huer. Nous nous efforcions de faire bonne figure en leur retournant leurs insultes grossies le plus possible. Aubert, fier de sa force, rageait:
—Venez donc le dire dehors, sacrés feignants que vous êtes, bourgeois manqués, arsouilles!
Le patron intervint, prêchant le calme, nous suppliant de sortir, nous, campagnards, derniers arrivants. Mais cela ne faisait pas notre affaire.
—Pourquoi sortir? Nous avons le droit d'être là aussi bien qu'eux!
Avec des ménagements, le bistro cependant nous poussait dehors peu à peu. Les autres intervinrent:
—A la porte, les bounhoummes. A la porte!
Et, sans nous frapper, ils nous bousculèrent…