—Ah! oui, je vous écoute, chère amie.
Elle s’excusait de le déranger et de lui demander un service, qu’elle regrettait de solliciter par une voie aussi peu discrète que le téléphone.
Voici ce qu’elle attendait de lui: ayant au cours d’un récent voyage en Suisse, souffert de difficultés rencontrées à la frontière, elle espérait qu’il voudrait bien lui envoyer, vers l’époque fixée pour son retour, un télégramme la réclamant à Paris où sa présence serait indispensable pour la répétition d’une pièce—imaginaire—dont il serait, lui, l’auteur, et elle «la principale interprète»...
BOULEVARD SAINT-GERMAIN
Sans trop savoir pourquoi il avait dit oui, mais il avait senti quelque chose de louche dans cette démarche, et de suite il avait voulu rendre compte de cet incident à une autorité compétente.
Il se rendit chez le commissaire de son quartier, qui le renvoya au district; le district à l’administration centrale qui, en fin de compte, l’expédia à tous les diables.
Dégoûté de ce que personne ne voulait l’entendre, et se rendant compte qu’on commençait à le regarder de travers, il était rentré chez lui, et c’était grâce à la visite fortuite d’un ami qu’il avait été aiguillé sur le boulevard Saint-Germain.
Il fut reçu par le chef des services qui s’intéressa tout particulièrement à sa déclaration. L’affaire que le visiteur lui signalait était importante: la femme dont il s’agissait—Marussia—attirait depuis un certain temps l’attention du S.C.R. par ses voyages et ses allures mystérieuses.
LA BELLE SUSPECTE
Blonde, jolie, mais de cette beauté un peu forcée qui n’est pas sans charmes, elle se disait veuve et Polonaise.