Ce Hollandais fut arrêté le premier. Naturellement il nia.
Le capitaine rapporteur, pour le faire parler, lui dit brusquement:
—Nous savons qui vous êtes, ce que vous faites et vous serez fusillé... A moins cependant que vous n’alliez chez Julie prendre ses rapports comme vous le faisiez quand vous étiez libre.
—Mais, répondit le Hollandais effrayé, Julie ne me donne pas de rapports. C’est moi qui les écris sous sa dictée!...
—Bien. Vous venez d’avouer. Dans ce cas vous allez vous rendre chez votre amie, vous l’emmènerez dans un endroit où un agent pourra sténographier ce qu’elle dira, et, vous, vous écrirez comme si de rien n’était.
Le Hollandais, pour sauver sa peau, n’hésita pas: il vendit celle de son amie.
QUI N’A PAS DE FILLEUL?
Les «marraines» ont constitué un autre danger.
Le but réel d’un poilu en engageant une correspondance avec une femme inconnue et peut-être laide était apparemment de recevoir des encouragements moraux—c’est entendu; mais aussi parfois et souvent de recevoir des dons en nature ou en espèces.
C’était une magnifique occasion pour les espionnes d’entrer en relations avec des soldats du front, d’avoir le numéro des régiments en position, leur secteur et de connaître leur «état d’âme».