Mata-Hari à Paris, 1914

III
MATA-HARI AU POTEAU

Le 14 octobre 1917, vers 3 heures, un coup de téléphone m’avisa que Marguerite-Gertrude Zelle née le 7 août 1876, dite Mata-Hari, devait être exécutée le lendemain à 5 h. 47.

Je rappelle que la condamnée avait été reconnue coupable à l’unanimité:

De s’être introduite, en 1916, dans le camp retranché de Paris, afin de s’y procurer des renseignements dans l’intérêt d’une puissance ennemie, l’Allemagne;

D’avoir, en France et à l’étranger, procuré à cette puissance des renseignements susceptibles de nuire aux opérations de notre armée;

D’avoir, à l’étranger, entretenu des intelligences avec des agents diplomatiques allemands dans le but de favoriser les entreprises de nos ennemis en leur communiquant des secrets relatifs à notre politique intérieure, A L’OFFENSIVE DU PRINTEMPS 1916, etc., etc...

A la dernière heure, de puissantes interventions s’étaient produites pour essayer de sauver la vie à la ballerine. Le président de la République ne se laissa pas fléchir, ne se laissa jamais fléchir. M. Poincaré estimait que quand tant de soldats français tombaient chaque jour, il ne pouvait épargner les traîtres et les espions qui les faisaient tuer par derrière.