Sous prétexte de chercher de l’ouvrage, elle s’introduisait dans les ateliers et usines de guerre. Elle se faisait embaucher, travaillait pendant huit jours, observait attentivement tout ce qui l’entourait, et envoyait très fréquemment des rapports.
Quand elle était fatiguée de son labeur, elle se reposait dans un hôtel et nouait des relations avec des contremaîtres, de préférence avec des mécaniciens employés à l’artillerie, à l’aviation ou à la télégraphie sans fil.
Dans les petits restaurants, chez les marchands de vin, elle écoutait les conversations. Elle aimait beaucoup aussi «cancaner» chez les concierges et écouter la lecture des lettres adressées du front aux femmes de poilus.
Bref, la Tichelly allait partout et s’enquérait de tout. Elle était extrêmement active et suivait de point en point les instructions que lui envoyait son chef Gruber.
Une perquisition faite à son domicile à l’Hôtel de la Marine, 59, boulevard du Montparnasse, fut des plus fructueuses et l’espionne dut faire des aveux complets.
Ce qu’il y avait de particulier dans son cas c’est la manière qu’elle employait pour transmettre ses renseignements.
Tichelly employait des moyens nouveaux. Exemples: un carré de papier couvert d’inscriptions à l’encre secrète et recouvert d’un timbre-poste; feuille de papier placée entre deux cartes postales collées ensemble; dentelé des timbres découpé d’une certaine façon, etc., etc.
Elle avait fait de nombreux voyages en Suisse; elle obtenait facilement des passeports à cause de la situation militaire de son fils.
C’est le contrôle postal de Pontarlier qui la fit prendre.
Les papiers trouvés chez la Tichelly étaient intéressants; ils étaient relatifs aux mouvements de troupes, secteurs, etc. Jugée le 20 décembre 1916, elle fut fusillée le 15 mars 1917.