Lucie Baer, née le 3 août 1865 à Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin), était directrice de l’Œuvre des Gares, 8, rue Saint-Paul. Elle s’occupait également de l’Œuvre de la Protection de la Jeune Fille avec Mme Siegfried, femme du député du Havre, qui ignorait certainement la mentalité de cette prétendue Française.

Lucie Baer dirigeait ces œuvres d’assistance avec la nommée Emilienne-Rose Ducimetière—un nom prédestiné au poteau—demeurant rue Saint-Jacques, 328, et née en 1896 dans la Haute-Savoie.

Il ne fut rien précisé contre Lucie Baer, qui bénéficia d’une ordonnance de non-lieu.

Mais son amie, la femme Ducimetière—elle n’en prit pas le chemin—fut condamnée à mort et graciée.

Cette femme avait connu à Genève un nommé Walter, espion allemand, dont elle était devenue la maîtresse.

A Paris, elle fréquentait les soldats et les sous-officiers, s’efforçant de leur soutirer des informations. Elle parvint même à se faire engager comme infirmière, grâce aux œuvres précitées, à l’ambulance de Mme Marie Lanelongue, rue de Tolbiac. Là, elle interrogeait encore les blessés.

Elle fut arrêtée un matin au moment où elle sortait de l’hôtel du 8 de la rue de Bellechasse avec un adjudant d’infanterie.

A l’instruction, elle a tout avoué. Elle savait que Walter était un espion autrichien.

Comme nous l’avons dit, elle fut condamnée à mort par le 3ᵉ Conseil de guerre le 24 avril 1917 et sa peine commuée en travaux forcés à perpétuité le 29 juin 1917.

A la même affaire, elle avait mêlé Catherine S..., une Suissesse âgée de 76 ans, demeurant avec la femme Ducimetière, 328, rue Saint-Jacques, et, comme elle, en correspondance avec Walter. Elle fut renvoyée des fins de la poursuite. VI