Il s’était présenté comme artiste. Yvonne en fit la remarque, sans insister. Puis un flirt en règle commença.
C’était le jour où parvenait à Paris la nouvelle du torpillage du Lusitania. Constantin essaya d’excuser ce crime en prétendant que le navire devait porter des munitions, et il ajouta:
—Les Allemands sont forts... Les Alliés auront du mal, beaucoup de mal à les vaincre. Il n’importe: buvons à la France!
Sur tous les événements, Constantin donnait, à voix très haute, une opinion d’abord favorable aux Alliés, puis nettement pessimiste et défaitiste.
Le Grec ne cessait de se vanter.
—J’ai un très bel appartement boulevard Haussmann (c’était au 118), que j’ai loué à raison de cent cinquante francs par mois.
—A ce prix, vous ne devez pas avoir quelque chose d’extraordinaire, fit remarquer la danseuse qui ne laissait jamais passer une occasion de le «coller».
Pour se venger, Constantin, sans la prévenir, alla louer un appartement contigu au sien. Il voulait ainsi s’imposer à la jeune femme. Mais celle-ci, à son tour, déménagea. Le Grec la poursuivit, et, sous prétexte qu’il était malade, obtint qu’elle viendrait lui faire visite dans une mansarde qui était son domicile réel.
LE PAPIER D’EMBALLAGE
Ce qui se passa tout d’abord importe peu. Yvonne aperçut tout à coup Constantin saisir avec vivacité un papier d’emballage qu’elle n’avait pas remarqué; il le froissa, et au lieu de le jeter dans la cheminée, le serra dans un tiroir qu’il referma à clef.