—Qui est-ce? demanda-t-il impérieusement. Votre frère, ou votre amant?... Je ne vois pas le numéro de son régiment: donnez-le moi!
—Je l’ai oublié.
Alors, avec un accent de rage, Constantin grinça:
—C’est dommage que je ne le sache pas, car j’aurais fait décimer tout le régiment.
Yvonne, qui a raconté cette scène, avoua que, dès ce moment, elle était fixée: elle avait la conviction que Constantin était un espion.
Constantin devait se perdre tout à fait par ses vantardises. Apercevant un jour la camériste d’Yvonne qui, une lettre à la main, pleurait, il demanda la cause de ce grand chagrin.
—Mon mari est prisonnier en Allemagne, raconta la femme de chambre.
—Votre mari est prisonnier? Mais ne pleurez pas. Dites-moi où il est, le numéro de son corps et de son régiment et je me charge de le faire revenir sans délai!
—Je ne veux rien devoir aux Boches, répondit la camériste. Monsieur a sans doute des relations en Allemagne?
—C’est possible, répondit Constantin. Je suis neutre et j’ai le droit d’avoir eu et d’avoir encore de hautes relations à Berlin.