Un soir le Grec, qui n’avait pas voulu aller à l’Opéra-Comique «parce que c’était de la musique française», pria Yvonne de congédier sa femme de chambre, car il avait des «révélations» à lui faire.
LE COUP DU RIDEAU
La danseuse feignit de lui obéir, plaça la camériste derrière un rideau, et Constantin, on ne sait comment, s’endormit subitement ou perdit connaissance pendant quelques minutes... Subitement, il se réveilla, bondit sur la porte en disant:
—La bonne était là; elle écoutait et doit avoir entendu ce que je vous ai avoué en dormant. Je vais l’étrangler!
—Calmez-vous, dit Yvonne. Elle n’a pu entendre et ne sait rien. Mais moi, je sais tout!
Le Grec ne parut nullement intimidé. Il se radoucit immédiatement et se mit à rire. Tout cela n’était pas sérieux, disait-il. Ce n’était même pas du somnambulisme. Ce qu’il y avait de désolant, ajoutait-il, c’est qu’il avait un grand voyage à faire à Orléans, à Tours, à Bordeaux. Il partait le lendemain, il écrirait...
Il partit, en effet, et Yvonne crut que, par sa maladresse, elle l’avait manqué.
VII
MADEMOISELLE DOCKTOR
LA REINE DE L’ESPIONNAGE COMMANDE A ANVERS
Au moment où Yvonne se préparait à prévenir la police, Constantin reparut! Il raconta qu’il était ravi de son voyage, qu’il avait fait connaissance à Orléans de plusieurs officiers qui l’avaient promené en automobile, qu’il avait visité de très grandes usines, enfin qu’il avait voyagé avec des soldats permissionnaires auxquels il avait offert des cigarettes et payé à boire, et qui lui avaient raconté des histoires curieuses.