—Non! Mais je ne reçois plus mon courrier. Mon argent est saisi en banque... environ 50.000 francs... et je suis sans la moindre ressource. Au nom de la «madone», faites l’impossible pour que je touche cette somme... Je viens de dépenser mes derniers sous: il y avait trois jours que je n’avais pas mangé!... Je suis traqué par des policiers... Prêtez-moi cinq sous pour que j’écrive à mes amis de Lausanne...
—Je pourrai peut-être vous aider, fit la jeune femme. Mais à une condition: avouez votre crime. Si, comme je le crois, vous êtes un espion, vous risquez la mort. Avouez franchement, allez vous constituer prisonnier et vous obtiendrez peut-être les circonstances atténuantes. Avouez!
—Trop tard! fit-il, comme écrasé par les circonstances. Trop tard! Adieu madame!
Une demi-heure après le départ de l’espion, un inspecteur de la sûreté générale se présentait chez Yvonne et lui demandait ses papiers.
—Vous fréquentez des étrangers et vous êtes suspecte. Vous êtes, notamment, l’amie d’un espion...
—J’ai prévenu le commissaire de mon quartier.
Le lendemain, Yvonne comparaissait, rue des Saussaies, devant un commissaire spécial, et était confrontée avec Constantin, arrêté depuis la veille en sortant de chez elle.
—C’est un homme très dangereux, reconnut le fonctionnaire. Il est extrêmement adroit et a su se ménager des garanties influentes. Il nie. Mais nous avons assez de présomptions pour le remettre entre les mains des juges militaires qui lui feront un sort. Tout de même, la preuve matérielle nous manque. Cette preuve, nous pouvons peut-être la trouver dans une confrontation... si vous voulez nous aider?...
LES AVEUX
La confrontation eut lieu. Constantin sursauta en apercevant Yvonne. Il la salua néanmoins courtoisement: