Le capitaine instructeur s’impatientait. Il lui posa des questions.

Constantin répéta que, comme journaliste en Grèce, il avait toujours défendu la France; il n’avait fait de l’espionnage que pour pouvoir écrire un jour un roman; il avait d’ailleurs déjà fait un livre «curieux», disait-il, sur la question, et le manuscrit se trouvait à Berlin, à une adresse qu’il indiqua; il serait utile de rechercher ce manuscrit après la guerre; il n’avait rien caché à la justice et il se mettait à sa disposition pour l’aider désormais...

—Trop tard! lui dit le capitaine Bouchardon.

—Comment, trop tard? fit Constantin, qui, à ce moment, ne croyait pas encore sa dernière heure venue. Il ajouta, en effet, en s’adressant au capitaine:

—Est-ce que vous persistez à me faire fusiller? (sic)

—C’est la loi!

Constantin s’effondra. Il croyait qu’on jouait une comédie pour lui arracher ses derniers secrets. Alors il déclara qu’il avait encore à écrire, et il écrivit, écrivit.

—Il faut terminer, lui dit le magistrat. Je vous donne cinq minutes.

—Non, dix minutes encore... implora le condamné.

Au bout de dix minutes, Constantin écrivait toujours. On dut le faire lever et lui mettre les menottes.