—Au revoir, messieurs! fit-il en passant devant le personnel de la prison.

Un sous-officier du quartier général, le brave sergent Lamorlette, un appareil photographique à la main, le visa. Constantin s’arrêta, pria les gendarmes de se ranger, et prit une pose:

—Tâchez que ça vienne bien, dit-il.

Malheureusement, la plaque se brisa par la suite.

A ce moment, l’espion n’était plus le beau cavalier qui, sous le faux titre de comte de Smyrnos, faisait des victimes dans le demi-monde parisien. Il était blême, les traits ravagés, non par le remords, mais par la peur qui perlait sur son visage. Tassé, rapetissé, les vêtements en désordre, il aurait fait pitié à qui aurait oublié le mal qu’il nous avait causé, les milliers de braves poilus qu’il avait contribué à faire traîtreusement assassiner sur le front, les innocentes victimes qu’il avait envoyées au fond des mers.

«JE SUIS ORTHODOXE...»

Au donjon de Vincennes, un incident se produisit. Le Grec exigea un prêtre—il n’en avait pas voulu pendant sa détention. Pendant qu’on faisait mander le curé de Vincennes, le condamné attendait dans une pièce voisine de celle où se trouvaient les officiers. Tout à coup, il ouvrit la porte de communication, pénétra dans la salle où nous étions, et fit mine de venir s’asseoir à notre table!...

Le curé arriva.

—Je suis orthodoxe, lui dit Constantin, nous n’avons pas la même religion, monsieur le curé, mais je présume que nous avons le même bon Dieu (sic).

Et il resta une demi-heure avec le vénérable ecclésiastique.