Arrivé devant les troupes, il salua cérémonieusement et voulut parler:
—Braves soldats français, commença-t-il, je suis l’ami de la belle France. J’adore les soldats français, je voudrais vous dire...
On le fit taire. Alors, les mains jointes, la tête levée vers le ciel, il marmotta une prière en grec. Puis il dit en français: «Mon Dieu, ayez pitié de moi!...»
IX
UN REPAIRE DE BANDITS
LA BANDE DU CAFÉ AMODRU.—L’ESPIONNAGE ET LES STUPÉFIANTS. L’ÉCOLE DE LA «ROUQUINE».
Ceci est l’histoire d’une bande de traîtres formidable, avec déguisement, désertion, emploi de stupéfiants, suicide d’amour, dénonciation, trahison dans la trahison, espionnage féminin, drame de la folie, etc., tout ce qu’il faut pour tourner un bon film américain. Oyez plutôt:
La plupart des espions envoyés en France étaient munis au départ d’un objet ou d’un produit d’origine allemande dont l’introduction en France était illicite, comme: pierres à briquet, cocaïne, morphine, cantharide, etc.
Le moyen, au premier abord, paraît stupéfiant, c’est le cas de le dire, car, employer pareille contrebande, dira-t-on, c’est aller au-devant de difficultés avec la douane ou la gendarmerie.
Oui et non. C’était un prétexte tout trouvé et fort admissible. Si par hasard l’agent était arrêté en voulant se dissimuler, il avait à invoquer un motif plausible et délictueux à la fois: