«Mais une destruction créative dans laquelle Çiva égale sinon dépasse Brahma. Par la destruction, vers la création dans l’incarnation, c’est ça que je danse et c’est ça que ma danse doit dire.

«Comme vous savez toutes les vraies danses des temples (pas celles de la rue et des places publiques) sont des thèses de théologie et toutes expliquent en gestes et poses les règles des Vèdas, les livres sacrés.»

Dans une autre lettre Mata revient sur son thème favori: la Fleur sacrée, et elle est plus claire que dans ses élucubrations précédentes:

«Pourquoi ne pas faire toute l’histoire dans un temple dans la forêt. Le prince vient implorer la déesse qui est assise sur l’autel comme une statue de bronze. C’est la prêtresse sacrée qui la personnifie et c’est elle qui se lève, s’incarne dans une fleur et dit la prédiction qui au fond veut dire...»

Lisez bien ce passage car il mérite d’être retenu: il contient toute la mentalité de la danseuse:

«Vous mourrez comme tout doit mourir. Vivez des instants belles et glorieuses (sic). Mieux vaut passer sur la terre de courts instants intenses, et disparaître, que de traîner une vieillesse sans beauté ni satisfaction.»

C’est toute la maxime: courte et bonne.

Voici une lettre, d’une autre origine, qui date de janvier 1913, écrite de son hôtel du 11, rue Windsor, à Neuilly, et qui montre la danseuse telle qu’elle était: insouciante et fataliste:

«Cher Monsieur,

«Merci de votre charmante carte et de vos souhaits qui, j’espère, s’accordent avec ce que ma destinée me réserve comme surprise ou comme simple suite naturelle des choses.