Tout à coup, elle s’affaissa sur les genoux, ses mains lui couvrant le visage; et voici, qu’à voix basse, elle murmure: «Oh! mon pauvre homme! mon pauvre homme! ce n’est donc pas toi qui est là . . . . .

Sans heurter à la porte, un employé de la Compagnie, celui-là même qui présidait à la reconnaissance des cadavres, entre et dit, en déposant un papier sur la table: «Tenez, voilà l’acte de décès.»

Aussitôt elle se précipite et s’accroche à lui:—Oh! monsieur, venez voir, venez voir... Ce n’est pas mon mari que j’ai ramené!

—Comment? Ce n’est pas votre mari? Mais vous avez reconnu le cadavre devant témoins. J’ai fait dresser l’acte de décès. Toutes les formalités sont remplies.

—Non, monsieur, bien sûr que ce n’est pas mon mari, vu que cet homme-là il a une alliance et que mon mari n’en avait point.

L’employé, l’air très contrarié, réfléchit un instant. Puis brusquement il fait un grand geste:

—Ah ben, tant pis—gardez-le quand même!

TABLE DES MATIÈRES


Préface[5]
La Paye[23]
Multitude, Solitude[75]
Train-Tramway[99]
Dimanche[107]
Baptême[137]
La Jaune[149]
Veuve[175]