Le poëte fut très-sensible aux éloges de Saint-Evremond et lui écrivit une lettre de remerciment qui nous a été conservée: «Me voulez-vous bien permettre d'ajoûter ici, disait Corneille en terminant, que vous m'avez pris par mon foible, et que ma Sophonisbe, pour qui vous montrez tant de tendresse, a la meilleure part de la mienne? Que vous flattez agréablement mes sentimens, quand vous confirmez ce que j'ai avancé touchant la part que l'Amour doit avoir dans les belles Tragédies, et la fidélité avec laquelle nous devons conserver à ces vieux Illustres les caracteres de leur temps, de leur Nation et de leur humeur!» (Œuvres diverses de Corneille; Paris, 1738, in-12, pp. 221 sq.; Marty-Laveaux, t. Xe, p. 498.)
Un auteur qui, après avoir attaqué Sophonisbe, en devint le plus ardent défenseur, Donneau de Visé, nous fournit, dans sa première critique (Nouvelles nouvelles; à Paris, chez Gabriel Quinet, 1663, in-12, 3e partie), des détails précis sur les acteurs qui remplirent les principaux rôles de la pièce. Montfleury joua Syphax; Floridor, Massinisse; La Fleur, Lélius; Mlle des Œillets, Sophonisbe, et Mlle Beauchâteau, Eryxe.
Le Registre de Lagrange ne mentionne aucune représentation de Sophonisbe par la troupe de Molière. Les registres du Théâtre-Français n'en citent que deux représentations entre 1680 et 1700. Il ne serait même pas impossible qu'il ne s'agît ici de la tragédie de Mairet.
Le sujet de Sophonisbe a été traité deux fois au XVIIIe siècle, par Lagrange-Chancel et par Voltaire. La pièce de Lagrange-Chancel fut jouée quatre fois au mois de novembre 1716, mais elle n'a pas été imprimée; celle de Voltaire, représentée en 1764, a été publiée sous un nom supposé.
Cette dernière pièce est entièrement tirée de Mairet, dont Voltaire n'a voulu que rajeunir et que relever le style. Le succès en a été médiocre.
Vendu: 60 fr., mar. r. anc., Chédeau, 1865 (no 703).
83. Sophonisbe, || Tragedie. || Par P. Corneille. || A Paris, || Chez Guillaume de Luyne, Libraire || Iuré, au Palais, dans la Salle des Merciers, || à la Iustice; [ou Chez Thomas Iolly, au Palais, dans la petite Salle, aux Armes de Hollande & à la Palme; ou Chez Louys Billaine, au second Pilier de la grand' Sale du Palais, à la Palme & au grand César.] || M. DC. LXIII. [1663]. || Auec Priuilege du Roy. In-12 de 6 ff., 80 pp., et 1 f. pour l'Extrait du Privilége.
Collation des feuillets prélim.: titre; 9 pp. pour l'avis Au Lecteur; 1 p. pour les Acteurs.
Cette édition, dont M. Piot possède un exemplaire, a été probablement imprimée à Paris. L'extrait du privilége est le même que celui dont nous avons parlé ci-dessus (no 80) et contient les mêmes mentions. La justification est, pour les feuillets préliminaires, de 119 mm. sur 63, et, pour le corps du texte, de 117 mm. sur 64.
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