Tous les bibliographes de Corneille se sont efforcés de retrouver cette traduction qui a dû être imprimée, mais les recherches entreprises jusqu'ici sont demeurées infructueuses. Il ne nous coûte pas d'avouer que nous n'avons pas été plus heureux que nos devanciers. En parlant de Tite et Bérénice (no 87), nous avons fait observer que Corneille avait obtenu un privilége valable à la fois pour cette pièce et pour la traduction de la Thébaïde. Ce privilége étant daté du 31 décembre 1670, l'impression de ce dernier ouvrage ne put avoir lieu qu'en 1671. Un fragment tout au moins en fut imprimé et communiqué à quelques amis, puisque Ménage en cite trois vers dans ses Observations sur la langue Françoise, publiées au commencement de l'année 1672. Il est probable, malgré ce témoignage, que l'ouvrage ne fut jamais mis en circulation et même ne fut jamais achevé. On ne peut expliquer autrement la disparition totale d'un livre aussi important. Si quelques exemplaires avaient été donnés au public, le fait aurait été assez connu, pour que le Mercure galant d'octobre 1684 ne parlât pas de la Thébaïde comme d'un poëme laissé par Corneille en portefeuille.
Voy. l'excellente note que M. Marty-Laveaux a consacrée à cette question (t. Xe, pp. 245 sq.).
158. Svr le Depart dv Roy.—Regi iter meditanti. S. l. n. d. [Paris, 1672], in-4 de 2 ff.
Cette pièce, dont un exemplaire est conservé à la Bibliothèque nationale (Y n. p.), ne se compose que de 8 vers empruntés à la première scène du second acte de Tite et Bérénice. Santeul les fit réimprimer à part et y joignit une traduction latine en 6 vers.
L'édition forme un simple placard sur lequel le texte latin est placé en regard du texte français. Les deux morceaux ont été reproduits dans les diverses éditions des œuvres de Santeul.
159. Regi pro restituta apud Batavos Catholica Fide. [Parisiis, 1672], in-12 de 2 ff.
Corneille nous apparaît ici à la fois comme poëte latin et comme poëte français. Ses vers latins, au nombre de 24, sont suivis d'une traduction française en autant de vers, intitulée: Au Roy sur le rétablissement de la Foi Catholique et ses Conquestes de Hollande. Nous ne connaissons l'édition séparée que par une citation de Granet (Œuvres diverses de Corneille; Paris, 1738, in-12, p. 46), qui nous apprend que ces deux pièces furent imprimées in-12 en feuille volante. Elles ont été réimprimées dans un recueil qui sera décrit plus loin (no 224).
160. Les || Victoires || du Roy || sur les Estats de Hollande, || en l'année M.DC.LXXII. || Par P. Corneille. || A Paris, Chez || Guillaume de Luyne, au Palais, || et || Simon Benard, ruë Saint Jacques. || M.DC.LXXII [1672]. || Avec Permission. In-fol. de 19 pp., caract. ital.
Cette belle édition est ornée au titre d'un fleuron qui représente le Rhin et l'Escaut enchaînés, détournant leurs regards éblouis par le soleil. En tête de la p. 3 se trouve un grand fleuron de Fr. Chauveau représentant le passage du Rhin, fleuron que reproduit, croyons-nous, un tableau de Van der Meulen.
Le poëme, traduit de l'original latin du P. de la Rue, se compose de 444 vers, à la fin desquels se trouve répété le nom de P. Corneille. Il commence ainsi: