«Ainsi cette malheureuse amante, en applaudissant d'une voix faible et languissante aux éloges que la nation prodigue à son libérateur, ne peut encore s'empêcher de poursuivre sa mort.

Reprenons donc aussi ma colère offensée,

dit-elle plus bas.

«Cette situation intéressante et terrible se trouve, à la vérité, presque toujours la même, dans le rôle de Chimène; mais ce défaut était inévitable dans un sujet aussi simple, aussi peu compliqué que celui du Cid, et que le grand Corneille a traité avec tant de génie, d'élévation et de pathétique.

«M. de Voltaire a donc eu la plus grande raison de s'élever contre l'ineptie de ceux qui avaient retranché l'exposition de cette tragédie sans réfléchir qu'ils en altéraient la marche et l'intérêt. C'est sur la sagesse des réflexions de M. de Voltaire que je me suis déterminé à faire rétablir ces deux scènes, non-seulement au théâtre de Paris, mais encore dans la nouvelle édition du Cid que je me propose de donner.

«Elle servira de guide aux comédiens de province, qui saisissent avec plus de facilité les fautes de leurs modèles qu'ils n'ont d'aptitude pour en saisir les traits caractéristiques.» (Mémoires de Lekain, précédés de Réflexions sur cet acteur et sur l'art théâtral, par F. Talma; Paris, Ponthieu, 1825, in-8, pp. 13-16.)

Par une singulière inconséquence, on lit à la suite de cette dissertation, destinée à faire respecter le texte des anciens auteurs, un chapitre intitulé: Réflexions grammaticales respectueusement hasardées sur quelques endroits de la tragédie du Cid, dans lequel Lekain ne craint pas de proposer un certain nombre de leçons de sa façon, destinées à remplacer des vers de Corneille qu'il trouve faibles ou écrits au mépris des règles de la grammaire. Ces substitutions sont pitoyables. Ceci prouve qu'un grand acteur peut être souvent un détestable critique.

415. Le Cid, tragédie, par P. Corneille. A Paris, Chez Fagés, 1801. In-8.

416. Le Cid, tragédie en cinq actes et en vers de Pierre Corneille. A Paris, chez Fages, [impr. Cussac], 1816. In-8 de 40 pp.

417. Le Cid, tragédie de P. Corneille, représentée sur le Théâtre de l'Hôtel de Bourgogne vers la fin de l'année 1636. Nouvelle édition, conforme à la représentation. A Paris, Chez Barba et chez Hubert, [imprim. Fain]. 1817. In-8 de 56 pp.