Noverre remercie ensuite Vestris d'avoir donné le ballet de Médée à Varsovie, à Vienne et enfin à Paris, en disant qui en était l'auteur. Il mérite ainsi, ajoute-t-il, ma reconnaissance, «et il auroit augmenté ce sentiment, si, encouragé par le succès, il eut également remis mes ballets d'Armide, des Danaïdes, de Psiché, d'Alceste, d'Orphée, d'Hercule, etc. Il en faisoit à Stutcart le plus bel ornement; en travaillant à sa réputation, il eût cimenté la mienne.....»
Noverre, qui tient tant à être nommé, se garde bien de dire qu'il s'est borné à raconter brièvement et de la manière la plus plate la pièce de Corneille.
Le ballet de Noverre, dont Granier avait, dit-on, écrit la musique, avait dû être imprimé à Stuttgart en 1762. La première représentation à Paris ayant eu lieu le 31 décembre 1775, il est probable qu'un livret fut également publié à cette date. Il fut dansé, en 1775, par les deux Vestris, Dauberval, Gardel aîné, MM lles Allard et Guimard. En 1780, M lle Allard fut remplacée par M lle Heinel. On vit alors figurer MM lles Théodore, Le Breton, Bigottini, Olivier, Auguste, etc.
1092. Médée, tragédie lyrique en trois actes et en vers, paroles d'Hoffmann, musique de Cherubini, représentée sur le Théâtre Feydeau le 23 ventôse an V (13 mars 1797). Paris, an V. In-8.
«Le journal Le Censeur avait inséré le jugement suivant sur cet ouvrage: La musique, qui est de Cherubini, est souvent mélodieuse et quelquefois mâle, mais on y a trouvé des réminiscences et des imitations de la manière de Méhul.» Dans un beau mouvement d'enthousiasme, Méhul lui répondit: «O Censeur, tu ne connais pas ce grand artiste. Mais moi qui le connais et qui l'admire, parce que je le connais bien, je dis et je prouverai à toute l'Europe que l'inimitable auteur de Démophon, de Lodoïska, d'Elisa et de Médée, n'a jamais eu besoin d'imiter pour être tour à tour élégant ou sensible, gracieux ou tragique, pour être enfin ce Cherubini, que quelques personnes pourront bien accuser d'être imitateur, mais qu'elles ne manqueront pas d'imiter malheureusement à la première occasion. Cet artiste, justement célèbre, peut bien trouver un Censeur qui l'attaque, mais il aura pour défenseurs tous ceux qui l'admirent, c'est-à-dire tous ceux qui sont faits pour sentir et apprécier les grands talents. Méhul.» Je demandais un jour à un des rares spectateurs vivants de l'opéra de Médée, au successeur de Cherubini, ce qu'il pensait de cet ouvrage: «C'est de la musique bien faite,» me répondit M. Auber.» Clément et Larousse, Dictionnaire lyrique, ou Histoire des Opéras; Paris, [1869], in-8, p. 447.
Le succès de l'opéra de Médée donna naissance aux parodies suivantes:
La Sorcière, parodie en un acte et en vaudevilles de Médée. Par B. Sewrin. Représentée pour la première fois à Paris, sur le Théâtre de la Cité-Variétés, le 27 mars 1797 (vieux style), 7 Germinal de l'an V.—On peut rendre hommage aux talents sans exclure la parodie. Bébée, scène dernière. Prix, 15 sous. A Paris. Se trouve au Théâtre et chez tous les marchands de de (sic) nouveautés, [Imprimerie de Jamain, rue Montmartre, no 124], 1797. In-8 de 23 pp. en tout.
Les personnages de cette parodie sont: M. Bridon, bailli; Thyrcée, sa fille; Faussette, amie de Thyrcée; Fiston, époux de Thyrcée; Bébée, première femme de Fiston; Alix, servante de Bébée; deux enfans. La scène se passe dans un village. Au lever du rideau, Thyrcée et Faussette causent ensemble au milieu d'un chœur de villageoises. Faussette chante à son amie des couplets sur l'air de Marlborough.
Bébée et Jargon, rapsodie en un acte, en prose, mêlée de couplets, imitée de l'opéra Médée. Représentée à Paris, sur le théâtre de Mademoiselle Montansier, au Palais-Royal, le 7 Germinal (28 mars 1797, style français); Par MM. Villiers et Capelle. Prix 15 sous. Se trouve, Au Théâtre de Mademoiselle Montansier; et chez les Auteurs, rue de Chartres, no 340, [De l'Imprimerie de la grande rue Taranne, no 35, ancien Hôtel de Marsan]. In-8 de 32 pp. en tout.
Les personnages sont: Bébée; Jargon; Crayon, beau-père futur de Jargon; Trichée, fille de Crayon; Mimi, suivante de Bébée; un Garçon peintre; les deux enfants de Bébée; plusieurs Peintres de l'atelier de Jargon.