1131. Cinna, Dramma lirico di ?; musica di Ferdinando Paer.
Représenté à Parme en 1797.
1132. Cinna. Dramma lirico di ?; musica di Bonifazio Asioli.
Représenté à Milan en 1801.
XII
1133. Poliuto, tragedia lirica di Salvatore Cammarano; musica di Donizetti.
Le sujet de Polyeucte avait été indiqué à Donizetti par le célèbre chanteur Adolphe Nourrit, qui se proposait de créer le rôle pathétique du martyr chrétien. Au mois de mars 1838, Nourrit avait signé un engagement avec le directeur du théâtre Saint-Charles, à Naples; c'est là que devait être jouée la nouvelle partition. Le chanteur, qui abordait pour la première fois la scène italienne, croyait pouvoir compter sur un grand succès. «Ce qui me rassure tout à fait, écrivait-il à Mme Aucoc, sa sœur, à la date du 1er mai 1838, c'est le début dans un opéra nouveau, où je n'aurai de comparaison à subir avec personne, un opéra écrit pour moi par Donizetti, qui a le talent de mettre bien en relief les qualités de ses chanteurs et de cacher leurs défauts; et puis, par-dessus tout, le sujet de cet opéra, qui me plaît, que j'ai choisi et auquel j'ai foi. L'effet de mon rôle reposera sur l'exaltation du sentiment religieux, combattu un instant par la passion humaine, mais finissant par triompher. Toutes les fois que j'ai eu cette corde à faire vibrer, j'ai su trouver des accents sympathiques, et plus que jamais aujourd'hui je crois à l'effet de la musique religieuse.»
Donizetti donna tous ses soins à la composition de la musique qu'il écrivit autant pour la France que pour l'Italie; mais, au moment des répétitions, la censure napolitaine ne voulut pas permettre la représentation. «Le roi ne veut pas, écrivait Nourrît, le 16 août, à M. Duverger, que la religion chrétienne soit mise en scène, soit en bien, soit en mal... Je n'ai pas besoin de te dire tout ce que me donne à penser cette prohibition de notre Polyeucte: là-dessus nos idées doivent être les mêmes, comme elles l'ont été sur Rome. Il faut me dépêcher bien vite, bien vite, de gagner un peu de réputation dans ce pays, et revenir en France juste au moment où l'on voudra sortir de ce gâchis dans lequel tombent tous les jours davantage les affaires de l'art théâtral. Un jour que je serai moins pressé, nous causerons plus à l'aise de tout cela. En attendant, nous avons changé les personnages, le lieu de la scène et la religion de notre martyr chrétien, et nous en avons fait un Guèbre, sans rien changer ni aux situations du drame, ni aux sentiments. Dieu veuille que cette transmutation suffise aux susceptibilités de la censure royale. L'ouvrage y perdra, sans doute; mais j'espère, s'il est adopté ainsi, que le public ne voudra voir que des chrétiens.»
La censure napolitaine, inepte comme toutes les censures, qui croiraient manquer à leur rôle si elles ne suscitaient à l'art et aux artistes les plus misérables tracasseries, rejeta les Guèbres comme elle avait condamné Polyeucte. Nourrit en conçut un violent chagrin, dont on trouve la trace dans toutes les lettres qu'il écrivit depuis. Il voulut débuter dans la Muette, dans Guillaume Tell, dans les Huguenots, dans Lucrezia Borgia, mais aucune de ces pièces ne trouva grâce devant les autorités royales. Il dut se contenter de rôles médiocres dans des opéras plus médiocres encore: Il Giuramento et Elena da Feltre. Il crut s'apercevoir alors que ses études italiennes, loin de lui avoir profité, avaient nui à sa voix; il en eut un tel désespoir qu'il en devint presque fou. Dans un accès de fièvre chaude, il se jeta par la fenêtre et se tua (7 mars 1839). Voy. Adolphe Nourrit, sa vie, son talent, son caractère, sa correspondance, par L. Quicherat; Paris, Hachette, 1867, 3 vol. in-8.
1134. Les Martyrs, opéra en quatre actes, Paroles traduites par M. Eugène Scribe, Musique de M. Donizetti, Divertissement de M. Corali. Représenté pour la première fois sur le Théâtre de l'Académie Royale de Musique, Le [ ] avril 1840. Prix: 1 franc. Paris, Schonenberger [sic], éditeur de musique, commissionnaire, boulevard Poissonnière, 10; Ch. Tresse, successeur de J.-N. Barba, Libraire, Palais-Royal, galerie de Chartres, 2 et 3; Marchant, Boulevard Saint-Martin, 12, 1840. Gr. in-8 de 27 pp. à 2 col., plus 2 ff. pour le catalogue musical de Schönenberger.