Au verso de la page 89 se trouve l'extrait du privilége accordé pour sept ans à Corneille lui-même, à la date du 10 février 1659, et dont Corneille fait cession aux deux libraires nommés sur le titre. On lit à la fin: Acheué d'imprimer pour la premiere fois, le 26. Mars 1659, à Roüen, par L. Maurry.
Au rapport de M. Marty-Laveaux (t. VIe, p. 110; t. Xe, p. 133), on trouve en tête de certains exemplaires une pièce intitulée: Sur la mort de Damoiselle Elisabeth Ranquet, Femme de Nicolas de Cheureul, Escuyer, Sieur d'Esturville. Epitaphe. Nous n'avons pas été assez heureux pour voir nous-même un exemplaire présentant cette particularité.
L'échec de Pertharite dégoûta Corneille du théâtre; pendant sept ans il se consacra tout entier à la traduction de l'Imitation de Jésus-Christ et à des travaux littéraires de moindre importance, qui ne nous sont pas tous parvenus. Les représentations données par Molière à Rouen en 1658, l'admiration que la Du Parc fit éprouver à Corneille, enfin l'invitation de Fouquet décidèrent l'auteur du Cid à reprendre la plume. Dans une pièce de vers adressée au surintendant, il lui demanda de choisir un sujet, promettant de retrouver, pour le traiter,
La main qui crayonna
L'âme du grand Pompée et l'esprit de Cinna.
Fouquet choisit trois sujets: Œdipe, Camma et un troisième sujet qui n'est pas connu. Pierre Corneille écrivit Œdipe, tandis que Thomas se chargea de Camma. Il se pourrait que le troisième sujet fût celui de Stilicon, traité par Thomas Corneille peu de temps avant la représentation d'Œdipe. Dans sa lettre du 29 janvier 1661, l'auteur de la Muse historique établit une sorte de parenté entre ces trois pièces:
Tout-de-bon le cadet Corneille
Quoy qu'il ait fait mainte merveille,
Et maint Ouvrage bien sensé,
En cétuy-cy s'est surpassé.