— Vraiment? C'est affreux cela, mon pauvre ami. Mais, prenez donc garde à votre cheval, ou donnez-moi les rênes. Je n'ai pas envie d'entendre la fin de votre déclaration dans le fossé…
— Ne vous moquez pas! Je suis l'homme le plus malheureux du monde.
— Ce n'est pas une raison pour loucher de mon côté, au risque de nous jeter sur toutes les voitures qui passent!
— Vous plaisantez, et je souffre…
— C'est donc ça, que vous avez les yeux rouges ; je supposais que vous aviez pris un coup d'air.
— C'est tout ce que vous trouvez à me dire pour me consoler?
— Faites-vous consoler par Adrien. Voulez-vous que je l'appelle? Vous lui expliquerez votre cas.
— Ne m'accablez pas, Claire! Je connais Adrien ; c'est un brave cœur, mais une nature un peu élémentaire. L'échange de sentiments que je vous demande ne peut lui faire aucun tort ; ces choses-là l'intéressent assez peu. C'est à votre âme seule que j'en veux… Le reste…
— Vous le lui abandonneriez, n'est-ce pas? Vous êtes un ami généreux. Et vous me demandez de consentir au partage?…
— C'est-à-dire… Tenez, ce sujet là est délicat, et je suis trop ému pour me faire comprendre… Lisez ceci plutôt… ces quelques lignes où j'ai mis tout mon cœur.