— Parce que je ne serais pas en état de les comprendre? n'est-ce pas? Merci de la bonne opinion que vous avez de mon intelligence.
— Ce n'est pas vous faire une grande injure, de supposer que vous aimez mieux parler chasse ou cheval, que religion. A chacun sa spécialité, mon cher… Vous trouveriez plus convenable, sans doute, que je continue à pédaler ou à danser avec votre ami Viraben?
— Dites : notre ami ; après l'intimité où vous avez été ensemble, vous n'avez pas envie de le renier, je pense? Viraben est un homme du monde, de notre monde. Personne ne peut s'étonner de vous voir en sa compagnie. Tandis que l'autre…
— Et bien, l'autre…? Qu'avez-vous à dire à l'autre?
— Rien, sinon qu'il est trop souvent avec vous. Ici ou à l'église, vous ne vous quittez pas depuis quinze jours…
— Et cela vous déplaît? vraiment? quel malheur! Et que dois-je faire pour rentrer dans vos bonnes grâces? Faut-il signifier son congé à l'abbé Nohèdes? Ou bien est-ce que vous me donneriez la permission de le voir encore quelquefois. Et pendant combien de minutes? J'attends vos ordres, mon ami. A moins que vous n'ayez besoin de consulter M. de Viraben, avant de rien décider.
— Raillez, raillez… C'est dans votre intérêt que je parle. Vous savez si les gens d'ici sont prêts à critiquer les fréquentations des gens d'église avec les femmes. On commence à jaser sur votre compte, je vous en avertis.
— Votre obligeance est extrême. Et comment avez-vous su…? quelle est la bonne langue qui vous a mis sur la voie… Gageons que c'est votre ami Viraben!
— Et quand même ce serait lui? Vous lui avez donné le droit, ce me semble, de s'intéresser à ce qui vous touche…
— Et vous ne vous êtes pas demandé s'il n'avait pas quelque motif secret d'intervenir, de vous indisposer contre l'abbé Gilbert…