—Verse, s'écriait-il, ce sont les juifs qui payent la benoite liqueur.
—À condition qu'on leur en rende le prix au centuple, fit observer un des convives.
—De fait, c'est une honte que tout l'or de la noblesse aille enrichir cette immonde engeance, continua un second; leurs escarcelles sont pleines de nos promesses et cédules.
—Sans compter qu'ils osent nous menacer de la justice! ajouta un troisième.
—À qui le dites-vous? reprit le gouverneur; n'ont-ils pas écrit au roi pour que j'aie à payer ce qui leur est dû?
—Et vous ne nous délivrez pas de ces loups ravisseurs, messire?
Le gros homme cligna des yeux.
—Patience, patience, dit-il, on trouvera un moyen de leur faire donner quittance de toute dette, et cela sans beaucoup attendre! Buvons toujours, vous dis-je, avec courage et sans autre inquiétude pour le présent.
Il avait de nouveau fait remplir son hanap qu'il commençait à vider, lorsque le frère Cyrille et Remy s'approchèrent. Il s'arrêta à moitié de la libation.
—Eh bien, qu'est-ce que c'est? s'écria-t-il; d'où nous viennent ce frocard et ce jeune drôle?