Le franciscain allait commencer à manger lorsque Raoul l'avisa dans un coin.
—Eh! par la mort du Christ! nous avons ici une robe de moine, s'écria-t-il en remettant sur la table son hanap d'or qu'il venait de vider. Holà! mon père, venez vous asseoir à ma table, et vous autres, faites place au révérend.
Les convives s'empressèrent de se serrer, et le Père Ambroise vint se placer presque vis-à-vis du comte qu'il salua.
—Si je ne me trompe, reprit Raoul, vous appartenez aux franciscains de Tours.
—J'en suis le père gardien, répondit le moine.
Le comte releva la tête.
—Ah! fort bien, reprit-il d'une voix moins rude; j'ai toujours aimé votre maison, mon révérend, et je voulais même vous aller voir pour une affaire... N'accordez-vous point à des laïques la permission de porter, pendant un jour chaque mois, la robe de votre ordre?
—Il est vrai, monseigneur.
—Et en la revêtant, on a droit aux indulgences qui vous sont accordées à vous-mêmes?
—Pourvu que l'on revête en même temps notre esprit d'amour et d'humilité, reprit le Père Ambroise; cette robe de moine portée par les hommes du siècle n'a d'autre but que de les rappeler à la piété des cloîtres.