—Allons, Bellotte, n’aie donc pas de chagrin! s’écria-t-il gaiement, le petit Pierre guérira.... ne crains rien.... ça ira!... Je voudrais seulement des sacs.... Où sont les sacs, dis?

Jeanne montra silencieusement un coffre, le saulnier y prit ce qu’il cherchait.

—Voilà la chose, continua-t-il en se parlant à lui-même selon l’habitude des gens ivres; ça sera autant de profits pour réparer les pertes... Sois tranquille, va, nous achéterons des remèdes à l’enfant, et il faudra bien qu’il guérisse.

Il roulait les sacs et se riait à lui-même, tout en parlant; Jeanne, penchée vers le petit Pierre, ne semblait point l’entendre; il se rapprocha du berceau.

—A tout-à-l’heure, fiot, reprit-il, ne t’impatiente pas; je vais avec les autres.

—Où cela? demandai-je.

—Nulle part..... répliqua-t-il d’un air narquois; histoire de rire, voyez-vous. Les gars ont eu une idée.... Ils ont noyé le gabelou!

—Noyé! m’écriai-je.

—Dans son verre, s’entend! reprit Pierre-Louis en riant; pour le quart-d’heure, il ne peut reconnaître sa main droite de sa main gauche...... Une bonne malice, oui... et qui pourra rapporter....

—Quoi donc?