—Oui, oui, reprit une des fileuses, en soupirant, que Dieu les protège! Les autres navires sont de retour à Bréhat, à Saint-Brieuc, et partout, il n'y a que le Saint-Pierre en retard......

—Et pourtant, continua une seconde femme avec intention, il est temps que les hommes reviennent.

—Pourquoi cela? demandai-je.

Elle me montra du doigt la paysanne qui était assise devant moi sur l'âtre.

—Demandez à Dinah combien il lui reste de boisseaux d'orge dans sa huche? dit-elle.

La jeune Bretonne rougit.

—Sans compter, ajouta la maîtresse de la maison, qu'elle me doit autant de mesures de lait que son enfant a de jours.

—Et que le propriétaire de la maison a menacé hier de faire vendre chez elle, ajouta une troisième.

—Aussi, reprit celle qui avait parlé la première, je lui ai conseillé de demander à Dieu que les matelots du Saint-Pierre aient fait bonne pêche pour avoir double part!

—Je demande seulement à Dieu qu'il ramène Joan, dit la paysanne, en serrant son nourrisson contre son sein.