COLLECTION MICHEL LÉVY

ŒUVRES COMPLÈTES
D’ÉMILE SOUVESTRE

Format grand in-18
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AU BORD DU LAC1 vol.
AU COIN DU FEU1 —
CHRONIQUES DE LA MER1 —
CONFESSIONS D’UN OUVRIER1 —
DANS LA PRAIRIE1 —
EN QUARANTAINE1 —
HISTOIRES D’AUTREFOIS1 —
LE FOYER BRETON2 —
LES CLAIRIÈRES1 —
LES DERNIERS BRETONS2 —
LES DERNIERS PAYSANS1 —
DEUX MISÈRES1 —
CONTES ET NOUVELLES1 —
PENDANT LA MOISSON1 —
SCÈNES DE LA CHOUANNERIE1 —
SCÈNES DE LA VIE INTIME1 —
SOUS LES FILETS1 —
SOUS LA TONNELLE1 —
UN PHILOSOPHE SOUS LES TOITS1 —
EN FAMILLE1 —
RÉCITS ET SOUVENIRS1 —
SUR LA PELOUSE1 —
LES SOIRÉES DE MEUDON1 —
SOUVENIRS D’UN VIEILLARD1 —
SCÈNES ET RÉCITS DES ALPES1 —
LA GOUTTE D’EAU1 —
LES RÉPROUVÉS-ET LES ÉLUS2 —
LES PÉCHÉS DE JEUNESSE1 —
LES ANGES DU FOYER1 —
RICHE ET PAUVRE1 —
L’ÉCHELLE DE FEMMES1 —
PIERRE ET JEAN1 —
LES DRAMES PARISIENS1 —
DEUX MISÈRES1 —
POISSY.—Typographie ARBIEU.

LES RÉPROUVÉS
ET
LES ÉLUS

PAR
ÉMILE SOUVESTRE
—PREMIÈRE SERIE—
PARIS
MICHEL LEVY FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS
RUE VIVIENNE, 2 BIS
——
1859
Reproduction et traduction réservées.

[TABLE]

AU LECTEUR

Il y a un pays, en France, où la raison humaine n’a pas encore revêtu la robe des docteurs, où les hommes sont restés des enfants que l’on adoucit avec des chansons et que l’on instruit avec des histoires. Là, l’enseignement du bien n’a point été réduit à une algèbre sociale que l’on apprend par article; il flotte dans l’air avec les guerz des laboureurs armoricains; il court de collines en collines, avec les sônes dialogués des jeunes pâtres; il s’asseoit aux foyers des cabanes avec les récits des discrévellerrs. Aux symboles de la vieille sagesse viennent, chaque jour, s’ajouter les symboles de la sagesse moderne; et, ces leçons vivantes, nées sur le même sol, de la même inspiration populaire, se maintiennent, l’une près de l’autre, sans contradictions, sans luttes, comme on voit le jeune enfant, l’homme fait et le vieillard former, au foyer commun, une seule famille.

Or, j’avais déjà recueilli un grand nombre de ces traditions, lorsqu’un soir, j’en entendis raconter une qui m’était complètement inconnue.