La jeune fille parut stupéfaite.
—Mais vous avez donc visité le jardin du couvent? s’écria-t-elle.
—J’étais bien enfant, reprit de Gausson; cependant tout m’est encore présent. Il y avait alors, au bout du jardin, une petite serre couverte de chaume.
—Elle y est encore! s’écria Honorine, heureuse de trouver quelqu’un qui connût les lieux où elle avait été élevée.
—Plus bas on voyait des couches pour semis...
—Justement. Ah! vous n’avez rien oublié.
—C’est que moi aussi j’ai laissé là un souvenir, dit Marcel doucement. Cette visite au Sacré-Cœur se rattache à une des sensations les plus charmantes de mon enfance.
Honorine le regarda avec une expression de curiosité timide.
—Vous aviez peut-être au couvent... quelque parente? demanda-t-elle.
—Personne, répondit de Gausson; mais ma mère connaissait la supérieure, et ne manquait jamais de lui rendre visite lorsqu’elle passait à Tours. A l’un de ces voyages je l’accompagnais, et elle me conduisit avec elle.