—Ah! merci, Charles.
—Et de plus, ajouta le banquier, chez qui, à défaut de la voix du sang, parlait une honte secrète, de plus, je ferai aussi quelque chose pour Jules... je donnerai cent francs comme toi!
—Oh! non, interrompit vivement Françoise, je ne veux pas; vous êtes obligé à des dépenses, vous. Un homme ne peut pas se réduire comme une femme; il faut qu’il suive les usages, qu’il fasse ce que font ses amis; vous ne pouvez rien économiser, Charles.
—Qu’en sais-tu?
—Vous m’avez souvent répété vous-même que vous aviez peine à vous suffire!... puis, mon ami, ajouta-t-elle avec une expression de tendresse naïve, ça serait m’ôter ma joie! vrai! j’ai besoin de penser que c’est moi qui élève Jules sans qu’il ait rien à te demander... que de l’aimer... c’est peut-être de l’orgueil; mais il faut me le pardonner, car cet orgueil-là donne du courage et rend heureuse. Laissez-moi élever l’enfant, et, quand il sera grand, quand il pourra vous faire honneur, alors vous le prendrez pour l’aider... ne me refusez pas ça, Charles!
—Est-ce que je puis rien te refuser, dit le banquier en l’attirant sur ses genoux; tu sais bien que je ferai tout ce que tu voudras.
Françoise lui passa un bras autour du cou et le remercia par un baiser.
Dans ce moment, trois coups secs et à intervalles inégaux furent frappés à la porte de la chambre. Marquier tressaillit et Françoise se leva; elle avait reconnu la manière de frapper.
—C’est M. Marc qui vient allumer son bougeoir, dit-elle.
Le banquier se rappela subitement la rencontre de la Forge-des-Buttes. Il avait, alors, bien cru reconnaître, dans le paysan sauvé par ses deux compagnons, le garçon de bureau qui logeait sur le même palier que Françoise, et de là était venue sa persistance à lui cacher ses traits; persuadé qu’il avait réussi, il voulut vérifier ses soupçons et dit à Françoise de le faire entrer.