—Tu n’as pas encore trouvé quelqu’un qui me remplace, je parie.

—C’est vrai, mère Beauclerc, répliqua Marc en arrangeant son jeu.

La grosse femme se rengorgea.

—Non, non, continua-t-elle d’un air capable, tu peux dire que ça été une perte pour toi, petit, quand j’ai quitté la partie... la mère Beauclerc avait le truc, vois-tu, et c’est quelque chose qui ne se donne pas. Aussi il y a des moments où je regrette de n’avoir plus rien à faire.

—Vous êtes pourtant mieux ici que dans votre loge du Marais, objecta Marc.

—Je ne dis, mon fils, je ne dis pas, reprit la mère Beauclerc, en remplissant les deux verres; mais il n’y a pas de petit chez soi. Là-bas, j’étais reine et maîtresse de mon cordon, tandis qu’ici je suis chez ma fille.

—Il me semble que vous ne manquez de rien.

—Pour ça, je n’ai pas de reproches à lui faire, dit la grosse femme qui vidait son verre à petits coups; Clotilde me laisse tout à discrétion, même la cave; mais, plus elle est bonne fille, plus je dois me tourmenter de son avenir.

—Que craignez-vous donc pour elle, mère Beauclerc?

—Je crains son bon cœur, mon chéri; dans sa position, vois-tu, faut être raisonnable; c’est un malheur qu’elle connaisse ce M. de Luxeuil.