—Pourquoi cela? je le croyais généreux.

—Oui, oui, mais ça éloigne les autres; une femme de théâtre doit avoir des principes: il faut qu’elle ne s’attache à personne.

—Alors, dit Marc en la regardant, selon votre idée il vaudrait mieux, pour mademoiselle Clotilde, se débarrasser de M. de Luxeuil?

—D’autant mieux qu’on le dit ruiné, répliqua la mère Beauclerc; du reste, j’ai averti Clotilde. Prends garde, mon enfant, que je lui ai dit; quand une maison menace de tomber, les rats s’en vont; faut pas montrer moins d’esprit que les bêtes quand on a été éduquée convenablement.

—Et que vous a-t-elle répondu?

—Ah! bah! toutes sortes de mauvaises raisons: que M. de Luxeuil était un bon enfant, et qu’elle ne trouverait pas mieux... est-ce que je sais, moi.

—Mais elle l’aime donc!

—Il ne manquerait plus que ça! Non, non, Dieu merci, elle a trop de bon sens pour s’attacher. Mais c’est cette petite peste de Clara qui est cause de tout... Tu sais bien, Clara de l’Ambigu? Eh bien! elle a parié que ma fille ne saurait pas garder un amant; alors Clotilde y met de l’amour-propre. Ces jeunesses, c’est si glorieux!

—Et elle est décidée à retenir M. de Luxeuil.

—A tout prix! Tu comprends, maintenant, pourquoi je m’inquiète? Je connais ma fille, vois-tu, rien ne la fera renoncer à son idée, et quoi qu’il lui en coûte, elle voudra donner un démenti à sa camarade.