—La couleur que je préfère, répéta lentement de Gausson, en jetant vers la jeune fille un regard ému.
—Précisément; est-ce le rose?
—Non, Madame.
—Alors c’est le bleu! s’écria-l-elle en se tournant triomphante vers madame de Luxeuil; vous le voyez, chère comtesse, il est de mon avis.
—Oui, reprit de Gausson, dont les yeux s’étaient pour ainsi dire oubliés sur Honorine; c’était la couleur que Mademoiselle portait la première fois que je la vis... chez la prieure...
Bien que ces mots eussent été prononcés sans intention apparente, il y avait, dans le timbre de la voix, une nuance qui n’échappa point à la jeune fille. C’était à la fois de la tristesse, de l’amour et du reproche. Elle sentit son cœur défaillir.
Madame de Luxeuil avait également paru frappée, non de l’accent de Marcel, mais de ses paroles.
—Vous aviez vu ma nièce avant son arrivée à Paris? demanda-t-elle.
—En passant eu Touraine, Madame, il y a douze ans.
—Douze ans!... Ah! vous étiez des enfants alors, reprit la comtesse soulagée; je m’étonne seulement qu’Honorine ne m’ait jamais parlé de cette rencontre.