Je courus aussitôt dans la direction prise par la voiture, mais elle avait disparu. Je continuai jusqu’à Passy, où toutes mes informations furent inutiles. On avait bien vu passer une calèche peu auparavant, mais elle ne s’était point arrêtée.
Je me trouvais dans un grand embarras. Le bracelet devait avoir une valeur considérable, et, à tout prix, je voulais le rendre. Mais comment retrouver la personne qui l’avait perdu?
En le regardant avec plus d’attention, j’aperçus, par bonheur, un petit écusson émaillé qui occupait le centre du fermoir: je pensai qu’en consultant les principaux joailliers, ils pourraient reconnaître les armoiries et me tirer d’embarras.
Je me rendis, en conséquence, au Palais-Royal; j’entrai dans un des plus riches magasins et je présentai le bracelet, en demandant le renseignement désiré.
Le commis parut émerveillé de la beauté de la monture. Il appela le joaillier, qui déclara, au premier coup d’œil, que c’était un bracelet de mille écus. Je ne pus retenir une exclamation d’étonnement.
—Et connaissez-vous les armes gravées sur le fermoir? demandai-je.
Le joaillier répondit négativement.
—Alors je vais ailleurs, repris-je, en tendant la main pour redemander le bracelet.
Le marchand me regarda et voulut savoir comment j’étais détenteur d’un pareil bijou. Pressé de continuer mes recherches, je répliquai rapidement que je l’avais trouvé, et comme, à bout de patience, je refusais de répondre davantage, il glissa le bracelet dans une de ses montres, la referma à clef et déclara qu’il ne le rendrait qu’à son légitime propriétaire.
Exaspéré, je voulus le reprendre de force; il en résulta un débat à la suite duquel je fus arrêté et conduit chez le commissaire du quartier.