—Alors, dit-elle, en se levant et en me tendant la main, je me rappellerai qu’il me reste un ami.

Je couvris cette main de baisers, de larmes, puis Nancy me fit ses adieux en me promettant de m’écrire le résultat de son entrevue avec le général.

Elle partit le lendemain comme elle l’avait décidé, et j’attendis huit jours avec un serrement de cœur inexprimable.

Enfin, je reçus d’elle un billet; il ne renfermait que quelques lignes écrites d’une main tremblante; je les ai toujours retenues; les voici:

«Je ne verrai le général que demain; mais n’attendez aucune nouvelle de moi; quittez Paris, la France; partez pour les États-Unis comme vous en aviez autrefois le projet, tout est fini entre nous!

»Ne me demandez pas pourquoi, ne cherchez jamais à le savoir; aimez-moi assez pour obéir aveuglément.

»Adieu!»

Cette lettre me foudroya. Qu’était-il arrivé et d’où venait cette résolution nouvelle? Pourquoi cette rupture? Pourquoi mon départ? Pourquoi le désespoir visible de cette lettre? Que devais-je faire enfin? Rester ou obéir?

Après une nuit passée dans de déchirantes hésitations, je me décidai à écrire à Nancy en l’avertissant que j’attendais un nouvel ordre. Elle me répondit:

«Partez et oubliez celle qui mourra en vous bénissant.»