—Pardon, reprit le garçon de bureau, un peu étonné des manières du magistrat, mais j’avais promis à Monsieur des explications... que je viens lui donner.

—Plus tard, plus tard! balbutia M. de Vercy, qui semblait éprouver un inexplicable malaise et dont les yeux se tournaient sans cesse vers la porte.

—Plus tard il ne sera plus temps, dit vivement Marc, le mariage de mademoiselle Louis doit avoir lieu demain.

—Eh bien! qu’est-ce que ça me fait? répliqua l’homme à la redingote.

Marc ne put retenir un geste de surprise.

—Monsieur le conseiller a-t-il oublié qu’il est tuteur de mademoiselle Honorine Louis, reprit-il vivement, et, qu’à ce titre, il doit veiller sur son avenir?

—Eh bien? demanda M. de Vercy.

—Eh bien! cet avenir est perdu si elle épouse son cousin, continua le garçon de bureau; car le mariage de M. de Luxeuil n’est qu’un moyen de réparer sa ruine, un arrangement promis à ses créanciers, à sa maîtresse.

En voyant l’agitation de M. de Vercy, qui s’était levé:

—Je puis le prouver, continua-t-il, en élevant la voix; que M. le conseiller s’informe, je fournirai tous les moyens de connaître la vérité. Je lui donnerai les adresses, les noms de ceux qu’il peut interroger.