Un des garçons alla la prendre et tous montèrent ensemble à l’appartement indiqué.
Ils ouvrirent la première porte et traversèrent la pièce qui servait d’antichambre sans rien remarquer; mais arrivés à la seconde, madame Ouvrard fut frappée du désordre dans lequel Jacques et Moser l’avaient laissée. Elle approcha du bureau et aperçut sur le carreau quelques traces de sang mal essuyé; ce sang formait une traînée encore humide jusqu’à l’armoire dont la clef avait été emportée; mais un garçon souleva, avec effort un battant qui s’ouvrit et laissa voir le corps sanglant de Marc.
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Après le premier moment d’épouvante, le commissaire et le médecin furent appelés. Le premier dressa procès-verbal tandis que le second s’efforçait de ranimer le garçon de bureau qui donnait encore quelques signes de vie. Françoise, à qui la possibilité d’être utile avait rendu tout son courage, l’aida avec autant d’intelligence que de zèle, et, grâce à leurs soins, le blessé finit par reprendre ses sens.
Ses regards, après avoir flotté un instant, s’arrêtèrent sur la fleuriste et il lui tendit la main.
—Voyez, voyez, il me reconnaît, s’écria-t-elle avec ravissement; pas vrai, monsieur Marc, que vous me reconnaissez?
Celui-ci fit, de la tête, un signe affirmatif.
—Si le blessé a recouvré ses facultés, dit le commissaire en s’approchant, nous allons procéder à l’interrogatoire...
—Je m’y oppose! interrompit le médecin; dans l’état où il se trouve, la plus légère fatigue peut être funeste.