—Je ferai observer à monsieur le docteur que le moindre retard peut être irréparable, répliqua vivement le premier interlocuteur; si la victime a peu d’instants à vivre on aura perdu l’occasion d’obtenir d’elle de précieuses lumières.

—Pour le moment, reprit le médecin, il s’agit avant tout de secourir un être qui souffre.

—Il s’agit avant tout de punir des coupables, Monsieur, ajouta le commissaire.

—Je déclare que vous ne l’interrogerez pas! s’écria le docteur.

—Je déclare contradictoirement que je l’interrogerai! répliqua le commissaire.

—Mon Dieu! vous allez le tuer avec vos discussions, interrompit Françoise; à quoi sert de dire qu’il faut ou qu’il ne faut pas l’interroger, est-ce que vous ne voyez pas que le pauvre cher homme veut parler sans pouvoir; ses lèvres remuent et on n’entend rien.

Le commissaire et le docteur constatèrent la justesse de la remarque, en se penchant sur le blessé.

—Dans ce cas, dit le premier, je vais clore mon procès-verbal par la déclaration que ledit Marc, interpellé, s’est trouvé hors d’état de répondre. A-t-on fait demander un brancard?

—Il vient d’arriver, répliquèrent plusieurs voix.

Le commissaire réunit ses papiers.