—Mourante! reprit madame de Luxeuil, enjoignant les mains, et avec l’incertitude d’une actrice qui répète la réplique pour se donner le temps de préparer son effet.

—Si vous faisiez respirer des sels à madame la comtesse, dit Vorel, en présentant à son confrère un flacon.

Celui-ci le prit d’un air insouciant et l’offrit à madame de Luxeuil qui l’accepta pour se donner une contenance.

—Et il n’y a plus d’espoir? demanda-t-elle; plus aucun espoir?

Le docteur parisien secoua la tête.

—Une phthisie, compliquée d’une affection au cœur, dit-il.

Madame de Luxeuil couvrit son visage de son mouchoir pour cacher les larmes qu’elle ne versait pas.

—Hier encore, lorsque je l’ai quittée, son état était loin d’être aussi alarmant, dit tristement M. Vorel; mais la terrible émotion de cette nuit a hâté les progrès du mal.

—Et maintenant il n’y a rien à faire, ajouta M. Darcy avec une brusquerie dont la rudesse cachait une sorte de sensibilité.

—Pauvre sœur, murmura le médecin de Bourgueil, succomber si jeune! quand sa fille avait tant besoin de ses soins!