La plupart des compartiments étaient remplis de lettres soigneusement rangées, ou de notes écrites par la baronne. Quelques-unes renfermaient des nœuds de ruban, des anneaux, des fleurs flétries, trésors mystérieux dont la mourante seule eût pu dire le prix. Au milieu, et dans la plus grande case, se trouvaient des papiers d’affaires. Ce fut là qu’après une assez longue recherche, Madame de Luxeuil découvrit un paquet cacheté sur lequel était écrit:

MES DERNIÈRES VOLONTÉS.

Elle s’en empara vivement, regarda autour d’elle, brisa l’enveloppe et déploya le papier qu’il renfermait.

C’était le testament annoncé par M. Vorel.

La comtesse le parcourut rapidement, et en trouva toutes les dispositions conformes à ce que lui avait dit ce dernier. Elle froissa le papier avec colère et regarda vers le foyer; mais, au moment de refermer le secrétaire, elle s’arrêta indécise. Son œil le parcourut encore une fois, comme si elle eût craint qu’il ne renfermât une seconde copie de l’acte qu’elle tenait. Penchée pour mieux voir, elle prenait successivement chaque papier, qu’elle examinait rapidement, lorsqu’un petit coffret de chagrin, caché au fond du dernier compartiment, frappa tout à coup son regard; elle l’attira à elle, fit jouer le ressort et tressaillit.

C’était le portrait du duc de Saint-Alofe!

Sous la miniature se trouvaient plusieurs lettres de lui et quelques réponses de la baronne.

Un éclair de triomphe illumina les traits de madame de Luxeuil. Ces preuves, si longtemps désirées et sans lesquelles ses accusations contre sa sœur avaient pu être repoussées comme des calomnies, elle les tenait enfin, écrites de la main même des accusés! La joie d’une pareille découverte lui fit oublier tout le reste; elle renversa brusquement le coffret, en éparpilla les lettres sur le secrétaire, ouvrit la première et commença à lire!

Une exclamation étouffée l’interrompit.

Elle se retourna; la mourante avait soulevé le rideau de l’alcôve et la regardait!