La comtesse se laissa conduire par M. Vorel hors de la chambre funéraire; mais après les premiers moments d’affliction obligée, elle se rappela sa nièce et demanda à la voir.

La nourrice avertie apporta Honorine.

Madame de Luxeuil prit l’enfant dans ses bras et déclara qu’elle ne la quitterait plus.

—Je n’avais qu’un fils, dit-elle en se tournant vers le médecin avec une sensibilité jouée, maintenant j’aurai aussi une fille.

M. Vorel s’inclina.

—Je suis sincèrement touché, pour ma part, des généreuses intentions de madame la comtesse, dit-il; malheureusement elles pourront rencontrer quelques obstacles.

—Des obstacles! répéta madame de Luxeuil étonnée, et lesquels, Monsieur?

—D’après ce que madame la comtesse m’a fait l’honneur de me confier, reprit le médecin, les dispositions testamentaires de notre pauvre et chère baronne peuvent être considérées comme non avenues.

—Eh bien?

—Eh bien! madame la comtesse, dans ce cas l’orpheline rentre sous la loi commune.