—Et madame la comtesse, répliqua Vorel, préférerait qu’elle servît à réparer la sienne?
Madame de Luxeuil se leva l’œil menaçant et les lèvres pâles.
—Prenez garde, dit-elle, la voix tremblante de colère, prenez garde à ce que vous dites, Monsieur! Je ne suis point de celles qu’on peut insulter impunément...
—Aussi n’ai-je point songé à insulter madame la comtesse, dit Vorel, respectueusement railleur; elle parle, et je réponds...
—Brisons là, interrompit madame de Luxeuil d’un ton hautain; de plus longues explications sont inutiles. Puisque l’on prétend nous disputer la fille de ma sœur, nous saurons faire valoir nos droits.
—Madame la comtesse en trouvera bientôt l’occasion, ajouta le médecin, car le conseil de famille doit se réunir dans quelques jours.
—Quel conseil de famille, Monsieur?
—Celui que le juge de paix de Château-Lavallière doit convoquer d’office pour la constitution de la tutelle.
La comtesse parut stupéfaite.
—Est-ce possible! s’écria-t-elle, c’est ici que vous ferez décider?... et par un conseil composé de gens que vous connaissez?... dont la complaisance vous est assurée?... Ah! n’espérez pas, Monsieur, que j’accepte ces délibérations.